Que retenir de l’Open d’Australie 2016 (1) ?


Premier Majeur de la saison, la fin de l’Open d’Australie est toujours synonyme de bilan et de perspectives pour la saison tennistique à venir. Que s’est-il passé et que va-t-il se passer en 2016 ? Eléments de réponse par Janus Bifrons (pour comprendre cette blague, cliquez ici). 

Djokovic est trop fort et c’est bien embêtant

Seulement inquiété par un Gilles Simon convaincant qui lui a pris deux sets, la virée australienne du Serbe a encore tourné à la démonstration. Une presque fessée infligée à Roger, un Andy Murray sans solution en finale, et c’est bien un sixième Open d’Australie que vient d’empocher Djoko… Depuis 2008, seuls trois lui ont échappé, et sans l’exploit de Wawrinka il y a deux ans, la domination du Serbe aurait été on ne peut le plus suprême. Plus inquiétant que sa domination au pays des kangourous, cette saison 2016 semble partie sur le même rythme que la 2015 où le Serbe n’a finalement perdu que 6 matchs pour … 83 victoires et la bagatelle de 11 titres dont 3 Grands Chelems. Mais bon, pour des fans érudits de tennis, une telle hégémonie risque vite de lasser. On n’en viendrait quand même pas à lui souhaiter une blessure pour relancer un peu le suspens … mais presque. Une petite gastro à Roland, une rhinopharyngite à Wimbledon et disons une otite à l’US Open ? Chapeau l’artiste quand même.

Novak Djokovic est ...

Décidément Novak Djokovic est  …

 

... désolé

… désolé

 

 

La sensation Kerber

J’admets une erreur de jugement considérable. Je ne voyais, comme tout un chacun dans le monde du tennis, pas comment l’Open d’Australie pouvait échapper à Serena Williams. C’était sans compter sur la finale façon « Deutsche qualität » que nous a sortie Angélique Kerber. Parce que son premier titre en Majeur, elle est allée le chercher Angela … hum pardon Angélique. Avec sa patte gauche redoutable, sa gestuelle assez saccadée et ses amorties qui ont fait mouche, elle a dompté la fauve Serena de manière remarquable. Et dire qu’elle a sauvé une balle de match lors de son premier tour dans le tournoi …

Qui l'eut (stu) cru ?

Qui l’eut (stu) cru ?

Que le circuit féminin est toujours aussi difficile à comprendre

Vous non plus vous n'y comprenez rien

Avec la longue hégémonie du « Big Four » (Djoko, Federer, Nadal, Murray), et des gars confortablement installés dans le top 10 depuis mathusalem (Berdych, Ferrer, Wawrinka), la hiérarchie du tableau masculin est bien établie, et se respecte totalement en Grand Chelem, où aucun fanfaron n’atteint les demis en règle générale (exception faite de cette fameuse édition 2014 de l’Us Open ou Marin Cilic alors 14ème mondial l’a emporté). Dans le tableau féminin, c’est tout l’inverse. Cela fait onze tournois du Grand Chelem consécutifs qu’une joueuse hors du top 20 s’immisce dans le dernier carré du tournoi. Cette année, c’est la Britannique Johanna Konta, 47ème mondiale, qui est arrivée en demie, cette dernière battant en quart de finale la Chinoise Shuai Zhang, alors 133ème mondiale … La surprise est donc la norme en Grand Chelem côté féminin. De cet état de fait ressortent deux choses : primo, le tableau féminin laisse plus de places aux belles histoires que l’intransigeant tableau masculin, secundo … il ne vaut mieux pas parier sur l’issu d’un match dans ce même tableau, parce rien n’y est sûr.

Milos Raonic va être chaud patate en 2016

On l’a venu venir depuis un petit moment ce jour. De quel jour je parle ? Bah évidemment, du jour où Milos Raonic a appris à bien retourner. Le mitrailleur du circuit, avec des services régulièrement au-dessus des 220 km/h, s’est hissé jusqu’en demie du tournoi australien et n’a perdu qu’en cinq sets contre Andy Murray, en étant blessé à partir du troisième… Et ça il le doit non seulement à la qualité de ses services, mais également à celle de ses volleys et de ses retours, forts et profonds, qui ont posé beaucoup de soucis à Gaël Monfils en quart, et à Stanislas Wawrinka en huitième. Si 2016 sera certainement une nouvelle fois l’année de Djokovic, elle sera peut-être aussi celle d’un Raonic qui bousculera le Big 4, qui sait.

Gilles Simon a pris deux sets à Djoko 

Eh oui, aussi bizarre que cela puisse paraître, le seul qui n’a pas pris le « tarif Djoko » sur ce tournoi, c’est l’ami Gillou.

Malicieux le Gillou

Gillou le Filou

S’il a bien été aidé par les 100 fautes Serbes, il ne faut pas oublier que le tennis est un sport qui se joue à deux, et que ces fameuses cent fautes viennent bien de quelque part. Et pour cause, Gilles Simon a usé et surusé des balles fortes longues et tendue au milieu du court pour ne pas donner d’angle au Djoker et a ralenti toutes ses balles pour l’empêcher de se mettre dans le rythme. Gilles Simon, dit « Gillou la tactique » a failli faire plier le Serbe … Même si Djoko reste Djoko et qu’il a fini par s’imposer en cinq sets.

Qu’on risque de ne plus revoir Nadal à son meilleur niveau

La théorie communément admise selon laquelle la carrière de Rafa prendrait un sacré coup d’arrêt passé les 28 balais, à cause d’un jeu trop physique, pourraient s’avérer vraie. Celui qui nous avait habitué à tout détruire sur son passage n’a plus atteint une demie en Grand Chelem depuis son dernier titre à Roland Garros en 2014. Pire que ça, il s’est fait éliminer au premier tour du premier majeur de la saison cette année. Est-ce définitivement la fin de la machine Nadal ? Nous en serons plus quand il retournera sur sa terre (battue) Nadale … hum pardon, Natale.

Qu’on ne verra plus le héros Lleyton Hewitt 

Voilà qui nous chagrine fortement. Le circuit n’avait qu’un seul warrior, hargneux blondinet qui devenait tout rouge et à l’accent australien tellement cool, et il l’a perdu à l’issu de ce tournoi. A 34 ans, 30 titres ATP dont deux Grands Chelem, son 20ème Open d’Australie fut son dernier, et David Ferrer l’a scalpé en trois sets. L’homme à qui l’on promettait une carrière parée d’or, a plutôt eu une carrière parée d’argent, dans l’ombre de sa majesté… Roger Federer. Il n’empêche qu’on n’oubliera jamais sa casquette à l’envers, ses rallyes de fond de court et l’implication qu’il a mis dans chacun de ses matchs. Chapeau monsieur pour ton immense carrière, tu vas nous manquer.

Son signe ostentatoire pendant un "come on", tout y est

Un  signe « périscope » pendant un « come on » : c’était ça Lleyton Hewitt

Que les juniors australiens ont brillé

Mais Mais mais mais … La relève est en marche Lleyton. Si globalement, les deux « espoirs » côté Australiens, à savoir Nick Kirgios et Bernard Tomic, n’ont pas flamboyé dans le tableau principal (la faute à Tomas Berdych et Andy Murray), dans le tableau junior, c’est une finale 100% australienne qui s’est déroulée. La victoire est revenue à Oliver Anderson (17 piges et 705ème mondial), qui se verrait bien suivre l’exemple de l’homme qui a le double de son âge.

Supplément : Sous forme d’hommage à ce grand bonhomme qu’est Lleyton Hewitt, petite photo pour rappeler qu’il a mis la fessée à pas mal de monde sur le circuit professionnel. Et ici une petite vidéo récap’ de la carrière de ce grand monsieur du tennis à qui l’on doit les « come on » les plus  retentissants de l’histoire de ce sport.  

Lleyton

Jules Hauss

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