Merci


On présente souvent l’Open d’Australie comme le tournoi préféré des joueurs, tant en termes d’infrastructures que d’ambiance. En ce dimanche 29 janvier, l’Open d’Australie est officiellement devenu le tournoi préféré des spectateurs du monde entier, tant ce match aura écrit non pas une simple page, mais un livre entier de l’histoire de la balle jaune. C’est au tour du Sport à l’œil de saluer les grands bonhommes de cet incroyable Open d’Australie 2017.

Merci Roger 

Vous étiez déjà sans conteste le plus grand monsieur de la planète tennis… mais depuis hier, vous vous êtes assuré de l’être pour les trois prochains siècles au moins. Un peu comme Mickael Jordan ou Usain Bolt ne souffrent d’aucune comparaison dans leur sport, vous venez de rejoindre le panthéon des légendes ayant réalisé l’impensable, et de quelle manière! On s’inquiétait sur vos capacités physiques, vous avez remporté trois des quatre derniers matchs du tournoi en cinq sets. On vous décrivait comme le looser d’un tandem Roger/Rafa, vous avez terrassé le taureau espagnol, au cinquième set de surcroit. On questionnait vos capacités à gagner des grands matchs, vous avez battu quatre top Ten tout au long de la quinzaine, performance plus réalisée depuis 1982 et le titre de Mats Wilander à Roland Garros… Et Dieu sait que l’époque était différente. On vous croyait dépassé face à la domination du tennis défensif dont Djoko, Rafa et Murray sont les pionniers, vous avez su vous entourer des hommes qui vous transformeraient en machine d’attaque pour rebattre les cartes du tennis moderne. Votre flair incroyable vous a mené vers Stefan Edberg, qui aura réussi à perfectionner votre imperfectible volée et fait prendre la balle plus tôt que votre propre ombre, avant de dénicher le divin chauve Ivan Ljubicic, qui aura fait de votre service un sniper encore plus redoutable, dont les 20 aces auront fait mal, très mal, à votre vis-à-vis lors de cette finale. A 35 ans Roger, vous n’avez jamais aussi bien porté la version française de votre nom et pourtant vous avez régalé les spectateurs du monde entier avec la même élégance que celle qui vous aura accompagné tout au long de votre carrière. Une élégance tennistique, mais aussi humaine, qui vous poussera même à vouloir partager ce trophée avec le grand battu du jour, qui vous a pourtant tant martyrisé par le passé… Mais ce trophée, Monsieur Federer, le monde du tennis est comblé par le fait de le voir dans vos seules mains.

Merci

Jamais un trophée n’a tant attendu ce bisou

Merci Rafa

C’est une formule certes beaucoup utilisée dans le monde du sport. Mais il faut dire qu’elle prend encore une fois tout son sens après ce match: pour une belle finale, il faut deux grands sportifs et sans vous Monsieur Nadal, ce nouveau sacre de Roger n’aurait pas eu la même saveur. Vos galères physiques et tennistiques depuis maintenant deux ans nous fendaient le cœur tournois après tournois et vous voir ici en finale face à votre punching-ball préféré relevait de la magie pure. Ce trophée, vous le méritiez plus que personne… sauf peut-être le vainqueur du jour. Comme lui, vous avez pris un vrai coup de vieux (où sont passés vos cheveux?) et vos coup-droits « banane » n’ont plus la banane d’antan. Ce qui n’a pas changé en revanche, c’est votre esprit guerrier, cette volonté de ne rien lâcher et votre tennis tout en puissance accompagné de cris bestiaux qui résonnent aujourd’hui comme une douce mélodie dans les oreilles des fans du monde entier. Vous venez de répondre à tous vos détracteurs, tous les « fins » analystes qui voyaient votre tennis ultra-physique vous empêcher d’être au sommet après 30 ans. En prenant rendez-vous l’année prochaine lors de votre discours de fin, vous êtes venu rappeler avec vos R roulés que oui, vous êtes toujours vivant, toujours debout et plus en forme que Renaud. La terre battue de Roland n’a qu’à bien se tenir en juin prochain: vous serez encore le favori pour aller quérir la ‘Décima’, votre dixième croc sur le trophée des Mousquetaires… et perpétuer votre légende.

Rafael Nadal, martyriseur de trophée depuis 2005

Rafael Nadal, martyriseur de trophée depuis 2005

Merci Denis 

Les plus grands exploits sportifs, au même titre que les plus grands films se font toujours avec l’aide des hommes de l’ombre. En sortant Novak Djokovic au deuxième tour puis vous arrêtant en huitièmes, vous n’êtes resté qu’un temps sous la lumière, mais vous avez permis au tournoi australien d’éviter la monotonie qui était la sienne depuis un paquet d’années. Une incroyable performance, inimaginable au vu de votre classement et de votre cote sur les sites de paris sportifs; et pourtant vous l’avez réalisée en cinq sets, contre un des maîtres des combats… Votre bras n’a pas tremblé, votre service n’a pas flanché et finalement, Roger a gagné. Merci Denis.

Merci 3

Les Google Glass de Denis Istomin auront fait la diff face à Djoko, triple tenant du titre

Merci Mischa

Mischa quand il s’agit de poser des volées soyeuses, mi-chien quand il s’agit de terrasser le numéro un mondial en cinq sets, vous n’avez laissé personne indifférent lors de cette quinzaine Monsieur Zverev. Votre tennis porté sur l’attaque et uniquement sur l’attaque, avec des prises de balle ultra-hâtives et vos volléss sorties du futur, nous ont offert l’un des plus beaux matchs de la quinzaine et vous ont permis d’accéder pour la première fois en quart d’un Grand chelem. Même rossé à ce stade par le maître ultime, vous avez fait honneur à la Deutsche Qualität avec compatriote du même nom Alexander, de telle sorte qu’on craindrait presque de croiser l’équipe d’Allemagne en Coupe Davis dans les prochains mois… Il fallait le faire.

Merci 4

Merci Eurosport… d’arrêter les traductions moisies 

Deux géants sur le court. Deux joueurs plus qu’éloquents sur le podium dont les discours alliaient classe et élégance… sauf quand les traductions hasardeuses à retardement venaient couvrir la voix des champions. Damn, il va falloir faire un stage linguistique cet été les gars.

Merci … de voir cette finale si vous ne l’avez pas vu en direct 

On n’a certes pas vu toutes les finales de l’ère Open… Mais on va quand même oser le dire: cette finale de l’Open d’Australie, est la plus belle finale de l’histoire du tennis, en terme d’émotions tout du moins. Les joueurs ont réussi à transformer une finale de Grand Chelem en un véritable monument, voire en un élément de Culture générale. Alors annulez votre resto avec Robert pour la pause déj’ et admirez le chef-d’oeuvre.

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