Le Retour de la Tour


Dans un temps où le circuit masculin est ultra dominé par un homme qui ne perd que lorsqu’il est blessé à l’œil (cf élimination de Novak Djokivic à Dubaï), un héros du tennis (ou presque) dont la carrière a été minée par un poignet défectueux revient sans faire de bruit sur le circuit après plus d’un an et demi d’absence. Oui, Juan Martin Del Potro a fait son retour au tournoi de Delray Beach fin février et on ne va pas bouder notre plaisir.

Face à la relative platitude du circuit, il est bon de revoir l’un des détonateurs de celui-ci revenir sur les cours. Bon, il s’agit de ne pas s’enflammer. CERTES, JMDP n’a atteint que les demies du tournoi américain en ayant battu le modeste Australien Jean-Patrick Smith (un Australien peut-il décemment s’appeler Jean Patrick?) puis Jérémy Chardy en quart de finale -c’était donc presque « facile » (on rigole Jerem)- mais le simple fait de voir que Jean Martin (et oui en français ça claque un peu moins) est revenu sur le circuit nous fait du bien. Voilà pourquoi.

Jean Martin revient de loin, loin

Si on poursuit la métaphore typée « Guerre des étoiles » on dira en effet que JMDP n’a pas joué depuis fort fort longtemps. La raison ? Une énième blessure au poignet qui l’a contraint à être éloigné des terrains depuis le 24 mars 2015, sachant qu’en 2014 l’Argentin n’avait joué que 10 matchs… C’est vous dire si l’homme de 27 en a gros sous la patate. Le natif de Tandil (Argentine) était redescendu à la 420ème place, loin de son standing habituel, on attendait donc son retour de pied ferme. Ses résultats plus qu’honorables dans le tournoi Floridien nous laisse présager un retour progressif à son meilleur niveau dans les prochains mois. Du moins on l’espère, parce Juan Martin le sait mieux que personne, ce genre d’espoir peut s’anéantir en un poignet de secondes.

Le fauve a été enfermé bien trop longtemps

Le fauve a été enfermé bien trop longtemps

Un palmarès sacrément étoffé malgré les blessures

Si globalement Juan Martin Del Potro n’a pas cassé beaucoup de records, il y en a un qui ne passe pas inaperçu. C’est en effet le plus grand joueur à avoir gagné un tournoi du Grand Chelem avec 1 mètre 98 au compteur (le genre de personne qu’on aime avoir en tant qu’ami quand il s’agit de changer une ampoJEAN MARTIN 3ule). Et même s’il n’a pas gagné le prix de « l’ampoule d’or », l’Argentin totalise quand même une belle bagatelle de titres au compteur. 18 au total, dont 4 remportés consécutivement lors de son éclosion en 2008 à seulement 19 ans (d’autres personnes au même âge écrivent des articles à son effigie)… Un an plus tard, en remportant l’US Open 2009 il est le seul homme hors « Big Four » à avoir gagné un tournoi Majeur depuis Marat Safin en 2005 et restera « l’élu » jusqu’à l’Open d’Australie 2014, remporté par Stan Wawrinka. Il devient alors le troisième argentin à remporter un tournoi du Grand Chelem, après Guillermo Vilas et Gaston Gaudio. Seul joueur à véritablement contester l’hégémonie d’un « Big Four » qui rafle presque tout, il s’installe à la quatrième place mondiale en 2010, à laquelle il ne s’accroche certes qu’une semaine, mais tout de même. Ajoutez à cela, une médaille de bronze obtenue aux JO face à Novak Djokokic et vous obtenez une carrière déjà bien remplie malgré énormément de pépins physiques et à seulement 27 ans. Un joli palmarès, vous l’aurez constaté, qu’il a encore le temps d’étoffer si son satané poignet le laisse tranquille.

Un véritable personnage du circuit 

Pour ceux qui ne l’ont jamais vu jouer, le jeu de Juan Martin est assez simplement basé sur deux atouts principaux qui sont … Le service et le coup droit. BON, de ce point de vue-là, je vous l’accorde, ça fait pas forcément rêver. Vous me direz aussi qu’on a ce qu’il faut sur le circuit avec Milos Raonic ou même John Isner dont les matchs sont souvent d’un ennui assez criant, MAIS Jean-Matin c’est différent. Parce que, à ce jeu assez banal du : « J’envoie des pralines où tu veux quand tu veux », s’ajoutent le côté fantasque de Jean-Martin, les rugissements bestiaux de Jean-Martin, la sérénité et le mental à toute épreuve de Jean-Martin, la barbe de Jean-Martin, qui lui fait prendre 10 ans d’âge (parce que oui, à 20 ans, Jean Martin en faisait presque 30) et surtout… les MARCELS de Jean-Martin qui ajoutent encore de la splendeur à cet homme déjà si complet. C’est pas pour rien qu’on veut le revoir au top niveau.

Vous l'avez vu ? Non non, pas le geste de revers, Le marcel rayé ! La classe...

Vous l’avez vu ? Non non, pas le geste de revers, Le Marcel rayé ! La classe…

Une nouvelle arme « Anti-Djokovic »

Manger des raquettes aide Jean-Martin à accroître ses performances

Manger des raquettes aide Jean-Martin à accroître ses performances

Bon, il faut l’admettre, si on est si content, c’est également parce que « La Tour » peut constituer une arme secrète face à l’envahisseur Serbe Novak Djokovic. Le tennis ultra offensif, les frappes de balles surpuissantes et l’efficacité du service de l’Argentin peuvent vraiment déranger le numéro 1 mondial que les joueurs ont de plus en plus de mal à bouger. Certes, il est mené 11/3 dans leurs confrontations directes mais quand on fouille un peu, on se rend compte que les matchs entre les deux hommes ont toujours été extrêmement disputés et que Juan Martin Del Potro a quelque chose de plus que les autres : un véritable caractère. En plus d’une sérénité assez impressionnante, l’Argentin sait faire preuve de tempérament au moment où il le faut et face au Serbe, on sait combien la dimension psychologique a de l’importance. J’en veux pour preuve le tie-break que les deux hommes ont disputé en demi finale à Wimbledon en 2013, où mené 4/6 dans le quatrième sets, Juan-Martin Del Potro réussit à sauver deux balles de match après deux échanges monstrueux et finit par emmener Novak Djokovic au cinquième set. Ce genre de performance ne trompe pas, Juan-Martin Del Potro a les armes pour battre Novak Djokovic et le circuit en a cruellement besoin.

Si après ce si bel hommage, Juan Martin nous sort pas la saison de l’année… C’est qu’il se sera de nouveau blessé au poignet…

Supplément :  Dans l’écho du nom de Juan-Martin Del Potro résonnent quelques matchs que les amateurs de tennis ne sont pas prêts d’oublier. Voici le « Top 3 » des matchs les plus étourdissants que nous a offerts l’Argentin dans sa carrière, rien que pour vous et avec les vidéos. Click and enjoy. 

Numéro 3: Roland Garros, 2009, Demi-finale, adversaire: Roger Federer

Durée: 3h28

Score finale: 3/6 7/6 2/6 6/1 6/4 Federer

Numéro 2: Wimbledon, 2013, Demi-finale, adversaire: Novak Djokovic

Durée: 4h43

Score final: 7/5 4/6 7/6 6/7 6/3 Djokovic

Numéro 1: US Open, 2009, Finale, adversaire: Roger Federer

Durée: 4h06

Score final: 3/6 7/6 4/6 7/6 6/2

Jules Hauss

1 comment

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  1. Régisseur

    Bel hommage en effet pour un grand joueur je te l’accorde. Talent et taille au zénith avec en prime cette nonchalante désinvolture qui me plait. Mais je suis HS, out comme dirait le juge de ligne.
    Fidèle lecteur j’ai une nouvelle fois suivi tes conseils. Click and enjoy tu as écrit.
    Le résultat, j’ai cliké et je me suis enjoyé (n’est pas bilingue qui veut…) pendant 12h17 de Del Potro .
    C’est long 12h17 de vidéo.
    Pour tes prédictions (ces derniers résultats sont en dents de scie – inconsistent results – avec besoin d’un détartrage) je dirais que 2016 ne sera, que pour lui , la saison de l’année.
    Je me risque 1 bière ou 1 coca qu’il ne rentre pas dans le top 20. Paris (ou une autre capitale) tenu ?

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