Le « Onze » de l’Elysée


Ils sont onze à concourir pour gouverner notre pays le 7 mai prochain. Onze candidats aux styles et positionnements bien différents, plus ou moins à l’aise techniquement, qui forment finalement une belle brochette et surtout un effectif intéressant. Vous l’aurez compris, onze candidats, ça fait une équipe de foot… Le sport à l’oeil vous propose de découvrir la formation présidentielle, organisée en 4-4-2 en losange. En respectant, bien sûr, une égalité dans le temps de parole.

  • Philippe Poutou: Gardien de but 
Philippe Poutou en pleine conf' de presse d'après-match

Philippe Poutou en pleine conf’ de presse d’après-match

Alors que les pôles de formation politique (PS, UMP, FN) ont façonné la plupart des joueurs/candidats actuels, c’est lors d’un match de division d’honneur que Philippe Poutou a été repéré par les recruteurs du FC NPA. Premier ouvrier à se hisser dans le « onze élyséen », il poursuit ainsi la logique de son club, qui avait recruté le postier Besancenot pour les représenter en 2002 et 2007. Véritable gardien de la cause ouvrière, il a obtenu le statut de dernier rempart lorsqu’il a réussi à éviter le licenciement de ses congénères dans le club de l’entreprise Ford de Blanquefort, qui souhaitait dégraisser la masse salariale de l’équipe. Un véritable protecteur des siens contre un football business qui accouche de différences de salaires colossales. Pour Poutou, un club qui marche est un club où tous les joueurs touchent un SMIC à 1700 euros, point barre. Un gardien qui n’hésite pas à sortir dans les pieds, plutôt du genre à boxer les ballons qu’à essayer de faire des parades « Canal + » pour impressionner.

François Asselineau : latéral droit 

François Asselineau, l'invité de Christian Jeanpierre sur Téléfoot, juste après Automoto

François Asselineau, l’invité de Téléfoot, juste après Automoto

Si la plupart des joueurs de football français adorent jouer la Ligue des Champions, François Asselineau fait partie de ceux qui veulent en sortir, estimant qu’elle nuit au niveau du championnat français. Ce latéral droit de métier formé au FC RPR puis au FC UMP, a depuis claqué la porte de son ancien club pour intégrer le cercle des candidats à la présidentielle. S’il se présente comme un joueur s’adaptant à tout système, les observateurs lui assignent unanimement le côté droit comme poste de prédilection. Comme beaucoup de ses partenaires dans le FC Elysée, François Asselineau fait partie de ces joueurs qu’on voit peu en conférence de presse. Cela ne l’empêche pas d’être un grand communiquant qui se forge sa réputation sur la toile. Très présent sur les réseaux sociaux, il a obtenu grâce à eux un grand réseau de fans, relativement efficace pour placarder des posters à son effigie dans toute la France. Pas sûr cependant que cela suffise à convaincre les ’60 millions de sélectionneurs’ de lui donner les clés du camion.

  • François Fillon: Défenseur central droit
François Fillon en plein décrassage avec sa team

François Fillon en plein décrassage avec sa team

Ses qualités techniques, sa discrétion et son expérience en avaient fait le favori pour quérir le brassard de capitaine élyséen. Mais l’affaire d’emploi supposé fictif de sa femme à l’assemblée générale du club ainsi que l’emploi de ses enfants en tant que porteurs d’eau officiels ont obligé le candidat à adopter un style défensif, pour contrer les nombreuses attaques auxquels il doit faire face. Ayant déçu un public qui le voyait comme un candidat loin des maux financiers qui font tourner la tête des footballeurs, il doit désormais défendre sa légitimité plus qu’il ne peut attaquer les défenses adverses. Un statut qui ne l’empêche pas de tacler à l’extrême droite, à gauche et au centre, pour égratigner les candidats concurrents. Issu du centre de formation Gaulliste, il a gravi les échelons pour devenir capitaine du FC Sablé-sur-Sarthes, poste pour lequel il est indéboulonnable depuis… 1983. Une véritable confiance auprès des supporters locaux, qui offrait une véritable crédibilité à un joueur qui a toujours été plus à l’aise sur le terrain, qu’en dehors.

  • Jacques Cheminade: Défenseur central Gauche
Une bonne tête d'entraîneur de Ligue 1

Jacques Cheminade, entraîneur du F.C Gueugnon

L’histoire de Jacques Cheminade avec le FC Elysée ne date pas d’hier… ni même d’avant-hier. En 1995 déjà, pouvait-on voir le défenseur, toujours à gauche, enfiler la tunique du club sans pour autant avoir une vraie cote auprès des supporters (entre 0,25 et 0,28% des suffrages sur l’Equipe). Celui qui souhaite se battre corps et âme contre un ‘sérail footballistique corrompu par l’argent’, s’est notamment distingué en souhaitant créer sa propre fondation sur la planète mars afin de permettre aux Martiens défavorisés de s’intégrer par le football. Une idée pour le moins originale pour ce vieux briscard à son poste, qui ne supporte pas de voir des jeunes footballeurs de la génération ‘Pokémon GO’ (application qu’il souhaite interdire dans le championnat de France) jouer perso dans l’effectif et chercher des Pokémons pendant les causeries du coach. Pas sûr que cela suffise à connaître une embellie auprès des supporters. A vrai dire, si tous les chemins mènent à Rome, cette année est sûrement la dernière durant laquelle les Cheminades mènent au FC Elysée.

  • Benoît Hamon: Latéral gauche
Hamon à l'OM: la dernière folie du projet McCourt

Hamon à l’OM: la dernière folie du projet McCourt

Pur produit du centre de formation du PS, Benoit Hamon a fait ses classes auprès des juniors (MJS), gravi successivement les étapes (député, député européen, ministre), pour s’installer en patron de la maison socialiste. Un statut qui émane directement de sa victoire dans le bras de fer qui l’opposait à ses dirigeants, désireux de lui donner un poste plus axial, lui qui, comme Ryan Giggs, est très attaché à son couloir gauche. La concurrence féroce à gauche et ses aptitudes pour le tacle glissé, l’ont toutefois contraint à passer de son poste initial d’ailier gauche à celui de latéral gauche. Un poste qu’affectionne finalement ce défenseur des valeurs socialistes, qui n’hésite pas à monter au créneau pour se farcir le Front National ou encore les institutions de la Vème République. Plutôt à l’aise techniquement, le bonhomme semble toutefois manquer un peu d’épaules pour se muer en capitaine du FC Elysée. Ne comptez pas sur lui, par exemple, pour aller coller le péno de la gagne de finale de coupe du monde.

  • Jean Lassalle: sentinelle 
Jean Lasalle au micro de Laurent Paganelli pendant sa préparation estivale

« Mes chers compatriotes… l’importang c’est les trois poings »

S’il y a bien un footballeur dans cette équipe qui ne fait rien comme personne, c’est Jean Lassalle. Sa technique, loin des ‘gri-gri’ des plus fins techniciens, sent bon le Sud-Ouest et s’éloigne du profil des footballeurs modernes qu’on peut voir aujourd’hui. Son tour de France à la marche illustre en effet son profil de footballeur très particulier, dont les performances s’assimilent en partie au nombre de kilomètres qu’il parcourt sur le terrain. Un véritable milieu « box-to-box » à la N’Golo Kanté, qui n’hésite pas à donner de sa personne pour sauver son équipe. En témoigne la grève de la faim qu’il a entrepris pour empêcher la délocalisation de l’usine Toyal et les licenciements l’accompagnant. Ni à droite, ni à gauche, le milieu de ce onze élyséen joue partout et nulle part. Pas du genre attaquant, il défend l’artisanat et mise davantage sur le jeu court et les uns contre uns, que sur les longs ballons. Il possède néanmoins le désavantage d’être aussi à l’aise que Leonardo Jardim derrière un micro…

  • Mélenchon: Milieu gauche
"Y'avait péno M'sieur l'arbitre"

« Ehhhhh !!! Y’avait péno M’sieur l’arbitre »

Au même poste que lors de la précédente élection, Jean-Luc Mélenchon reste collé à son couloir gauche, toujours aussi proche de la ligne de touche, dans un style qui séduit de plus en plus de fans. En effet, pas question pour lui de revenir dans l’axe pour chercher des solutions: ses qualités techniques et ses prises de paroles, sur et en dehors du terrain politique, lui permettent de justifier une place toujours plus importante dans ce « onze » élyséen. Les récentes performances de Benoit Hamon, de plus en plus présent au soutien du milieu gauche, offre encore plus de possibilités à Jean-Luc Mélenchon pour développer son jeu comme il l’entend. Entre offensives contre les riches et défense de la classe ouvrière, Mélenchon apparaît comme l’un des joueurs les plus virevoltants de cette équipe, n’hésitant pas à user des tutos sur Youtube pour s’approprier le soutien des fans. Un joueur atypique qui ne semble pas faire l’unanimité chez les puristes, attirant avant tout un public de footix qui adore dribbler avec lui sur FIFA.

  • Nicolas Dupont-aignan: Milieu droit 
Avec Dupont-Aignan entraîneur, vous avez plutôt intérêt à sortir du bus

Avec Dupont-Aignan comme entraîneur, vous avez plutôt intérêt à sortir du bus

Passé par le centre de formation du RPR, puis de l’UMP, Nicolas Dupont-Aignan a su gagner sa place au sein de l’équipe grâce à un football à l’ancienne. Pas étonnant quand on sait l’admiration que porte Nicolas pour les grands joueurs des années 1960-70 qu’étaient De Gaulle et Chaban-Delmas. Joueur de l’ombre, il s’agace d’une surmédiatisation des stars, allant même jusqu’à poursuivre TF1 en justice pour ses retransmissions jugées inégales envers les différents acteurs sur la pelouse. Adepte d’un football physique et dur sur l’homme, il a horreur des joueurs ‘techniques et technocrates’ formés à Bruxelles. Surnommés ‘Du-petit-pont Aignan’ par le chambreurs en raison de ses excès de colère risibles quand celui-ci se fait passer la balle entre les gambettes, le Parisien se bat pour la France comme Gattuso s’est battu pour l’Italie. Dans un football moderne miné par des simulations en cascade, il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à Nicolas Dupont-Aignan: malgré les tacles qu’on peut lui asséner, lui joue toujours Debout… la France.

  • Macron: meneur de jeu
Emmanuel Macron mise tout sur le centre de formation

Emmanuel Macron mise tout sur le centre de formation

Jeune prodige possédant un bagage technique assurément supérieur aux jeunes de son âge, et toujours ravi de s’arrêter en zone mixte pour échanger avec les journaleux, c’est tout naturellement qu’Emmanuel Macron est devenu le chouchou des médias. Son positionnement sur le terrain politique, où il joue un rôle d’électron-libre à la Grizou, lui permet de s’attirer les faveurs d’un large public, mais également les critiques des amateurs d’un 4-3-3 tout ce qu’il y a de plus classique. Ayant commencé ailier gauche auprès du FC PS, la nouvelle bouille de l’équipe élyséenne a depuis décidé de muter vers le poste de Zizou pour gagner en popularité. Une volonté de brûler les étapes que son club formateur voit d’un mauvais œil et qui pourrait jouer des tours au jeunot, dont le physique un peu frêle pose question, notamment quant à ses possibilités de tenir la baraque lors des matchs à enjeux en Coupe du Monde. Un joueur qui devra assurément muscler son jeu et s’engaillardir pour s’éviter un destin à la Yohann Gourcuff…

  • Nathalie Arthaud: Attaquante gauche 
Ah ces footballeurs... tellement amoureux d'eux-même qu'ils ont des posters d'eux mêmes dans leur chambre

Le boulard des footballeurs de nos jours… Et Platoche, il avait des posters de lui dans sa chambre peut-être?

Attaquante de métier déjà présente à ce poste en 2012, Nathalie Arthaud n’a qu’un objectif en tête: planter des pions pour gagner en soutien et révolutionner le championnat de France. Renversement du capitalisme et des frontières sont les principales offensives que mènent l’attaquante issue du Football Club Lutte ouvrière, club aussi vieux que celui de Le Havre, qui peine tout comme Le Havre à rejoindre la première division. Grande gueule, n’hésitant pas à hausser le ton sur et en dehors du terrain pour faire entendre ses idées, elle fait partie des membres les plus collectifs de cet effectif, dans lequel on constate souvent que l’égo dépasse la simple fonction de représentant des supporters. Malheureusement pour elle, il semblerait que cela ne suffise pas à rendre ses idées communistes beaucoup plus populaires qu’en 2012 (où elle avait récolté 0,56% des voix). En même, à part un titre en deuxième division avec le Racing Club de Strasbourg, Marx n’a pas vraiment marqué l’histoire du football de son empreinte.

  • Le Pen: attaquante droit 
Toujours ok pour un petit selfie avec les supporters

Toujours d’accord pour un petit selfie avec les supporters

Avec un programme dans lequel elle s’en prend à la plupart des fondements du football moderne, Marine Le Pen est bel est bien la candidate qui possède les caractéristiques les plus offensives de cette équipe. Un leitmotiv qu’elle adopte également lorsqu’elle est elle-même attaquée, par la justice par exemple, alors que d’autres cherchent à solidifier leur défense. Une attitude qui fonctionne plutôt bien, pour une joueuse techniquement pas folichonne, mais qui à force d’attaquer et de frapper à tort et à travers, finit par planter les pions et marquer des points. Son bagage technique limité suscite cependant la désapprobation de la plupart des experts du ballon rond, peu séduits par les aptitudes de renard des surfaces de la joueuse du FC Front-National-Les-Bains. Un style un peu vieux-jeu qui ne l’empêche pas de quérir l’adhésion d’une partie des supporters, qui regrettent l’époque de la grande épopée des Verts. Un soutien qui ne suffit pas à augmenter la valeur marchande de l’avant-centre, estimée à 2 voire 3 millions… de Francs sur le marché des transferts.

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