Dernier Tour de piste pour Voeckler


Le parcours du Tour 2017 pas encore annoncé, on sait déjà que ce sera le dernier de Thomas Voeckler, figure emblématique de celui-ci depuis près de quinze ans. C’est donc forcément chagriné qu’on revient sur la carrière du bonhomme.

Une grande gueule, des grimaces et des attitudes de roublard qui ont souvent gêné au sein du peloton…. S’il n’a pas l’accent, Thomas Voeckler a bien du sang alsacien dans ses veines. A 37 ans, le natif de Schiltigheim nous aura fait vibrer sur nombres d’étapes, d’échappées et dans ses combats pour conserver le maillot jaune. Mais toutes les bonnes choses ont une fin: avec bientôt quatorze Grandes Boucles dans les pattes, Thomas Voeckler a semble-t-il fait le Tour de la question et l’on ne peut que comprendre qu’ils décident de mettre pied à terre… Tout en espérant un dernier coup d’éclat cet été, langue sortie et maillot ouvert dans le col du Tourmalet.

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Un père dévoué qui disparaît

Comme tous les plus grands sportifs de l’histoire (ou presque), Thomas Voeckler est donc né en Alsace et grandit dans le village d’Herbitzheim, mégapole Bas-Rhinoise de près de 1900 habitants. Mais la passion de son père pour le bateau le mèneront lui et sa famille hors du 67, direction la Martinique où Thomas commence à pédaler. Son premier vélo de course est cependant d’origine alsacienne (tout de même) puisque son père fait le voyage jusqu’à Strasbourg pour acheter une bicyclette top niveau à son fiston. Le dernier cadeau qu’il lui offrira, puisque sa passion pour les traversées marines l’amènera à disparaître en mer, lui et son bateau. Une absence et une souffrance qui seront finalement les principaux moteurs de la détermination du jeune homme, qui signera chez les professionnels en 2001, avant de devenir le monstre de combativité que tout le monde connaît.

Une carrière qui commence par Bonjour

Professionnel à 22 ans donc, Thomas commence dans l’équipe « Bonjour », dirigé par Jean-René Bernaudeau, sous les ordres duquel il est élu Vélo d’or espoirs 2001. Le début d’une longue histoire « d’amour » entre les deux hommes, qui ne se quittent plus malgré les changements de nom de l’équipe, qui se transforment successivement en « Brioche la Boulangère » (intimidant), « BBox », « Bouygues Telecom », « Europcar » et enfin « Direct Energie » depuis 2016. Des équipes dans lesquelles Thomas aura joué tantôt le rôle de coéquipier modèle (de Jérôme Pineau, Sylvain Chavanel et Pierre Rolland notamment), tantôt celui de leader tout aussi modèle. Durant ses quinze années sur deux roues, Thomas accroche par deux fois le titre de champion de France sur route, en 2004 et 2010. La plus grande fierté de sa carrière selon ses dires. S’il a glané moultes semi-classiques et étapes dans sa carrière, ils empochent deux classiques plus prestigieuses que les autres dans son palmarès: le Grand prix de Plouay en 2007 et celui de Québec en 2010. S’ensuivent trois titres de « vélo d’or » Français de 2010 à 2012 et récemment le Tour du Yorkshire 2016. Et dire qu’il avait commencé sa carrière par une avant dernière place au Giro…

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Tours de magie et coups d’éclats 

Peu de cyclistes peuvent se targuer d’avoir porté le maillot Jaune pendant 20 jours dans leur carrière. Thomas Voeckler peut lui le clamer haut et fort et en fera rougir, ou plutôt jaunir plus d’un. Deux fois dix jours, en 2004 et 2011, durant lesquels Voeckler s’est arraché pour conserver le maillot LCL, au termes souvent d’exploits individuels qu’on n’aurait pas soupçonné. Il fait notamment parti d’une échappée lors de la cinquième étape du Tour 2004, qui collent douze minutes au peloton à l’arrivée et qui l’amène une première fois à revêtir la tunique du premier au général. Une course qui fait sortir « TV » de l’anonymat de la Télévision et qui le propulse au rang de chouchou des Français pour le restant de sa carrière. Rebelote sept ans plus tard, dans un Tour de force durant lequel l’Alsacien rivalise avec les tous meilleurs dix étapes durant. Une étape symbolise à elle toute seul ce Tour: la 18ème, lors de laquelle il reste dans la roue du futur vainqueur Cadel Evans dans le col du Galibier, conservant ainsi son précieux maillot pour quinze petites secondes. Un festival de maillot ouvert et de tirages de langues qui le mèneront… au pied du podium, la plus grande déception de sa carrière. Il se consolera cependant l’édition suivante, qui le verra ramener le maillot blanc à pois rouge de meilleur grimpeur à Paris. Le premier depuis un certain Richard Virenque. Saupoudrez le tout de quatre étapes remportées de 2009 à 2012, vous obtenez un bilan sur le Tour aussi garni qu’une choucroute pour l’Alsacien, qui aura à cœur de nous surprendre une dernière fois cet été.

Et après ? 

Fin de carrière de sportif oblige, on se doit de se poser la question de l’après carrière de notre puncheur-baroudeur préféré. Et pour une fois, un sportif retraité semble avoir des idées assez précises concernant sa reconversion. On peut même être rassuré, nous fans du Tour, Thomas aura peut-être encore l’occasion de nous faire vibrer au mois de juillet. En effet, ce dernier n’exclut pas de créer et coacher sa propre équipe sur les prochains Tours de France avant de peut-être devenir LE nouveau consultant du Tour de France à la téloche. Et puis qui sait, avec un peu de chance dans une quinzaine d’années, un autre Voeckler émergera peut-être dans le peloton. Parce que oui, Thomas essaye de transmettre le virus du vélo à sa progéniture (que vous voyez ci-dessous) et a même fait don du mini-vélo jaune (offert à tout porteur du maillot jaune) à son fils Maé. Le petiot, déjà adepte du vélo-visionnage, a pleuré lors de la victoire de son père dans le Yorkshire et a déjà appris à lever les bras à la fin de ses courses avec son papa. Vous l’aurez compris, un Voeckler en cache peut-être un autre… donc pas de quoi perdre les pédales.

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