BH#4 C’est pas gagné…


Si les Bleues veulent faire de cet Euro néerlandais le théâtre de leur premier sacre sur la scène internationale, il va falloir changer d’attitude. Et vite.

« Un niveau de jeu incroyablement bon ». Si vous n’avez pas vu le match d’hier et que vous vous fiez aux mots du sélectionneur Olivier Echouafni, vous pourriez croire que les Bleues ont balayé la Suisse 3-0, en faisant étalage de leur supériorité technique… La réalité du terrain est toute autre. Prétendante à la victoire finale au même titre que l’Allemagne ou l’Angleterre, les Bleues sont apparues bien loin du compte lors de cette phase de poules. Et le match d’hier a une nouvelle fois mis l’équipe de France féminine face à ses limites.

Alors oui, les Bleues ont connu le pire d’entrée en encaissant coup sur coup l’expulsion d’Eve Périsset et l’ouverture du score sur le coup franc suivant celle-ci. A 1-0 contre elle, les Bleues étaient virtuellement éliminées et contraintes d’aller chercher l’égalisation à 10 contre 11, face à une équipe Suisse qui la joua « gruyère-quasi-sans-trou » pour tenter d’arracher la première qualification en phase finale de son histoire. Mais cette balle dans le pied ne suffit pas à justifier l’absence d’inspiration des Bleues balle au pied, qui laissa présager le pire aux filles d’Echouafni jusqu’aux ultimes minutes du match. Un coup franc salvateur de Camille Abily et surtout un poignet format « Hollywood chewing-gum » de la gardienne suisse ont heureusement évité aux Bleues une humiliation cuisante.

La déroute évitée, les célébrations réactions d’après-match des joueuses et de leur coach incitaient au plus grand optimisme. Mais on aura du mal à se réjouir de cette phase de poules qui voit la France finir à la deuxième place, derrière une équipe d’Autriche, bien moins forte sur le papier. Si l’on peut concevoir qu’après un match où elles sont passées par tous les états, la joie prédomine au sein du camp bleu, la jouer « tout va très bien madame la marquise », c’est clairement se voiler la face. On peut ainsi être inquiets du manque de progression sur les trois matchs de poules, durant lesquelles les Bleues ont clairement manqué de mouvement et d’inspiration sur le plan offensif. Et il est clair que face aux Anglaises, qui ont collé 6-0 à l’Ecosse et 2-0 à l’Espagne, ça ne suffira pas.

De là à dire que les Bleues vont se faire souffler en quart de finale, il y a un pas et il est immense. L’entame laborieuse des Bleues leur confère certes un rôle d’outsider pour ce futur quart de finale, mais elle ne doit en rien nous faire douter des qualités d’un effectif invaincu depuis quatorze matchs. Et puis, on ne donnait pas cher non plus de nos Bleus sans -e en 2006, après une phase de poule pas folichonne (matchs nul face à la Suisse et à la Corée du Sud) … et Dieu sait qu’ils nous ont ébloui durant le reste de la compétition.

Toutefois, si les Françaises veulent enfin mettre un terme aux désillusions d’un parcours méritoire sans victoire finale, il leur serait loisible de faire profil bas après cette qualif acquise à l’arrachée, et de corriger à l’entraînement les sources du malaise offensif qu’on vit depuis trois matchs. Ou plutôt que de sabrer le champagne après un parcours qui ne mérite jusque-là pas mieux qu’un mousseux bas-de-gamme, se réserver bien au frais des bouteilles de Roederer pour célébrer une victoire dont on rêve pour elle depuis si longtemps.

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