Ce rêve « Bleue » sera pour plus tard


Loin d’être favorite avant cette finale, l’équipe de France de Fed Cup n’est pas passée loin de l’exploit face à la République Tchèque, double tenante du titre. Une défaite qui fait mal, mais qui n’augure que du bon pour la suite, concluant un weekend qui nous aura montré que le tennis est aussi un formidable sport collectif.

On aura beau leur dire les « Mots Bleus » de Christophe pour les consoler, cette défaite au double décisif face à la meilleure équipe du monde aura vraiment du mal à passer. Et pourtant… quelle belle finale elles nous auront sortie! Un match inaugural sous forme de combat de gladiateurs; deux leçons de tennis disposées par Caroline Garcia face aux la numéro 6 et numéro 11 mondiales; les frissons d’un double décisif se prolongeant jusqu’aux heures où les rigoureux Alsaciens vont habituellement se coucher… Non, l’équipe de France n’a décidément pas à rougir de cette défaite en finale, offrant aux Strasbourgeois et à la France entière, certes tristes (et surtout fatigués) ce lundi, des émotions comme seul le sport en procure. Et l’envie d’en voir plus dès l’année prochaine. 

France Tennis Fed Cup Final

Et un trophée en plus dans l’armoire…

David contre Goliath 

Entre une équipe de France empêtrée en deuxième division mondiale il y a de cela deux ans et des Tchèques qui marchent sur la compétition depuis 2010 (cinq campagnes victorieuses sur les six), on n’aurait pas forcément mis le pactole sur une victoire des Bleues ce weekend au Rhénus de Strasbourg. Sur ce terrain maudit (parquet de la SIG qui a perdu toutes les finales qu’elle a disputées depuis cinq ans), les Bleues ont du faire face à une armada tchèque au grand complet, dont trois des quatre joueuses étaient mieux classées que notre numéro une en simple (Pliskova 6ème, Kvitova 11ème, Strycova 20ème vs Caroline Garcia 23ème, Kristina Mladenovic 42 ème, Alizé Cornet 46ème) et invaincue en double décisif depuis 2010. Une équipe contre laquelle les françaises s’étaient faites méchamment dérouillées l’an passé (défaite 3/0 nette et sans bavure) et qui pouvait compter sur la forme impressionnante de ses troupes, Petra Kvitova ayant remporté le « Masters bis » la semaine passée et Karolina Pliskova surfant sur sa récente finale a l’US open. Bref, une déculottée programmée, à la France-Suisse à Lille en 2014 en Coupe Davis. Sauf que ces Bleues la en avaient dans le bide. 

Garcia

Caroline Garcia a bel et bien survolé cette finale

Un weekend dantesque

Un beau weekend de tennis commence toujours par un beau combat. Et autant vous dire qu’avec les 3h49 de match de Kristina Mladenovic, on était servi. Menée 5/2 0-30 dans le dernier set, la française s’est rebiffée pour offrir au public un dernier set d’anthologie dans lequel elle a sauvé des balles de match. Finalement, il aura fallu une « pause pipi » magique à Pliskova à 15-14 pour breaker la 42ème mondiale au moment fatidique. C’est donc revancharde et dans sa ville préférée (elle a remporté les Internationaux de Strasbourg cette année), que Caro’ a été lancée pour finalement écraser la concurrence lors des deux simples suivants. Petra Kvitova en a d’abord fait les frais en deux sets (sûrement traumatisée, on ne l’a plus vu du weekend), avant que Pliskova, ne se fasse sécher en deux temps (6/3 3/6 6/3) par la Lyonnaise, lui faisant manger au passage quelques retours gagnants dont elle se souviendra. 

Une dernière campagne presque parfaite Amélie Mauresmo

Une dernière campagne presque parfaite d’Amélie Mauresmo

Pour le simple de la gagne, c’est Alizé Cornet qui a été choisie par Amélie Mauresmo pour affronter la 20ème mondiale Barbora Strycova, contre laquelle elle a gagné cinq de ses six confrontations. C’est malheureusement la Tchèque qui s’est imposée en deux sets dans ce choc des numéro trois, démontrant encore que les statistiques et les chiffres n’avaient pas leur place sur les courts ce weekend. Sinon, on aurait du assister au triomphe de la paire Garcia-Mladenovic, deuxième mondiale et invaincue en Fed Cup lors du double décisif. Mais sûrement fatiguées et pleines de bleus après l’âpre combat du week-end, les vainqueurs de Roland Garros ont malheureusement cédé par deux fois trois jeux consécutifs après avoir mené 5/4… Malgré la folie de la rencontre, c’est la logique tchèque qui a fini par s’imposer, laissant aux Bleues le cruel statut de perdantes magnifiques. 

Ciel Bleu sur l’avenir

Des défaites cruelles, on en a connu des tonnes dans les sport français, n’accouchant pas forcément de jours radieux pour lesdits perdants (l’équipe de France de football après 2006 ou le quinze du coq post-2011 pourront en témoigner). Mais cette fois-ci, on a vraiment des raisons de croire en l’avenir doré de cette équipe de France. Revenue des profondeurs du tennis mondial il y a deux ans à peine et possédant des joueuses sortant de saisons souvent frustrantes (Mladenovic et Cornet en tête), les Bleues ont tout de même failli tenir en étchèque l’équipe de Petr (mais t’es où?) Pala, double-tenante du titre. Difficile, certes, de sécher les larmes à chaud avec si peu, mais les enseignements de cette finale sont peu ou prou les mêmes que ceux qu’on a eu après la défaite en finale de l’Euro; on a vraiment le sentiment que le meilleur reste à venir. Ce n’est en effet que le début du cycle de cette jeune équipe de France:  Caro et Kiki ont 23 ans et encore une belle marge de progression, Alizé Cornet et Pauline Parmentier (bien qu’on les voit sur les courts depuis 113 ans) n’ont que 26 et 30 balais et Océane Dodin, 20 ans, apportera très prochainement sa fougue à cet effectif. Un collectif qui sera certes orphelin d’Amélie Mauresmo, mais qui gardera en son sein cette formidable force collective qui l’a mené aussi loin lors de cette édition 2016. Et parce que le tennis n’est un sport collectif qu’en Fed Cup et en Coupe Davis, le blues d’aujourd’hui risque de se transformer en campagne bien plus rock’n roll dans les prochaines années. Les Tchèques sont prévenues. 

fed-cup

La prochaine marseillaise en finale sera celle de la gagne. Pari tenu

 

+ There are no comments

Add yours